Dès le lycée, Thomas concilie rugby et études en s’inscrivant en 1ère STI Génie Électrotechnique à Bourgoin-Jallieu, section sport étude. Il poursuit alors à l’IUT1 Grenoble en DUT GEII et intègre le programme SHN (Sportif de Haut Niveau). Débordant d’énergie, il a entamé ce printemps un stage de programmation… normalement au programme de l’année prochaine !

Tout d’abord, parle-moi de ta situation à l’IUT1

J’ai entamé ma 2ème année de DUT GEII, cursus SHN, c’est-à-dire Sportif de Haut Niveau. Ce cursus permet d’étaler le programme sur 3 ans au lieu de 2 pour un DUT classique. Pour être plus précis, je suis en MPS (Mission Parcours Spécifique) : ce dispositif couvre les sportifs de haut niveau, mais aussi les artistes et les personnes en situation de handicap. Il se trouve que je suis aussi dyslexique, donc je suis en MPS de par mon activité de rugbyman, mais aussi de par ma dyslexie.

Comment ça se passe en pratique, comment ça s’organise ?

Ce n’est pas forcément facile, car je navigue entre différentes classes, différents professeurs… Je suis un peu un « itinérant » ! Et c’est vrai que les enseignants en GEII sont très conciliants par rapport à ma situation, car parfois je viens à un cours alors que j’ai suivi les 5 précédents avec un autre enseignant par exemple. J’ai un emploi du temps très flexible, que je vais pouvoir adapter, moduler selon mes contraintes. Du moment que je reste fiable et honnête envers les enseignants, tout se passe bien.

Je suppose que quelqu’un t’aide dans l’organisation ?

J’ai une tutrice, qui s’occupe de moi pendant ces 3 ans. Elle connaît mon emploi du temps sportif et mon emploi du temps à l’IUT1, et c’est elle qui va me les organiser pour que l’un coïncide avec l’autre. Elle est professeure de mathématiques et d’électrotechnique, donc si j’ai manqué un cours, on va trouver un créneau pour faire un cours de rattrapage. Ce n’est pas compliqué, elle s’occupe de tout !

Pourquoi avoir choisi GEII ?

C’était la suite logique de STI GE. J’ai préféré m’orienter dans le domaine de l’électrotechnique car c’est le tronc le plus vaste, le domaine qui laisse le plus de portes ouvertes. Comme je ne sais pas très bien ce que je veux faire plus tard, je sais qu’en sortant d’un DUT GEII, on peut faire « ce qu’on veut ». Au lieu de me spécialiser, je préfère rester dans un domaine plutôt général, pour ensuite faire une école d’ingénieur et affiner mes choix au fur et à mesures.

Qu’est-ce qui t’a le plus plu à l’IUT, qu’est-ce que tu en as ressorti ?

J’ai apprécié le fait qu’on ne soit pas traité comme des gamins. On est entourés de personnes intéressées et intéressantes, qui prennent le temps de nous expliquer les choses, de discuter avec nous… Quand j’ai participé aux journées portes ouvertes, j’ai dit aux visiteurs « Venez ! Si vous voulez réussir, vous réussirez ». Et je le pensais vraiment.
C’est vraiment ça qui me plaît à l’IUT : si on veut s’en donner les moyens, tout est mis à notre portée pour que l’on réussisse. Avec mon activité de sportif de haut niveau, je viens souvent à n’importe quelle heure : si j’ai envie de travailler je peux travailler, si j’ai besoin d’une salle on m’en ouvrira une, si on a des questions, les profs sont là pour nous répondre. Si je ne suis pas là pour un cours, ils me donneront un polycopié ou des exercices, et je peux repasser plus tard si j’ai des questions.

Parle-moi de ton stage…

En cours de Labview (langage de programmation), mon professeur m’a dit que Grenoble INP-LGP2 (Laboratoire de Génie des Procédés Papetiers, Unité Mixte de Recherche 5518 CNRS) cherchait un programmeur. Comme ça m’intéressait, il m’a présenté au responsable, et c’est comme ça que j’ai eu mon stage. En bref, je m’occupe de l’interfaçage et de la programmation d’un micro-robot qui permettra de faire des tests mécaniques couplés à de l’imagerie électronique à balayage.
Normalement, on fait un stage en 3ème année quand on est en MPS, mais j’ai voulu faire le mien maintenant, pour pouvoir partir à l’étranger l’année prochaine et améliorer mon anglais. Donc, c’est un peu particulier parce qu’en parallèle au stage, je continue à avoir cours et à faire du rugby. Un stage se fait normalement sur 10 à 13 semaines de 35h, pour moi il sera étalé sur plus longtemps.

Est-ce que tu as déjà un projet professionnel ou une ambition précise après l’école de d’ingénieur ?

Non, pas du tout ! Tout ce que je sais, c’est que je veux être meneur d’hommes. J’ai la mentalité pour : je sais ce que je veux et comment atteindre mes objectifs.
Pour en avoir parlé avec mes professeurs, je sais que j’ai un parcours atypique, mais qui va plaire sur le marché du travail. Le fait d’avoir été sportif de haut niveau, dans un sport d’équipe, et en parallèle d’avoir réussi mon DUT avec de bons résultats… Je crois que ce sera un réel atout.

Interview le 13/06/2014